Information du : 18/08/2020

Rencontres avec la réalisatrice Cristele Alves Meira

Chaque année des salles du réseau Cinéphare remettent le Prix des Passeurs de Courts dans le cadre du Festival Européen du Film Court de Brest. Lors de la dernière édition c'est le film Invisivel heroi qui a remporté ce prix. Ceci nous donne l'occasion d'inviter sa réalisatrice Cristele Alves Meira à venir nous présenter les trois courts-métrages qu'elle a réalisé entre 2014 et 2016. Alors qu'elle prépare actuellement son premier long, elle viendra nous rendre visite pour six rencontres entre le 23 et le 28 septembre, autant de belles occasions de découvrir la naissance d'une cinéaste aussi prometteuse que singulière !

Comédienne de formation, Cristèle Alvas Meira est d’abord metteuse en scène de théâtre. Elle a mis en scène Les Nègres, Splendid’s de Genet, Vénus de Suzan-Lori Parks au théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet. Elle réalise un premier documentaire au Cap-Vert, Som et Morabeza (2007), où elle se pose la question de l’immigration dans les milieux lusophones en Afrique à travers le thème de la musique ; puis, sous le prisme de la jeunesse angolaise pour traiter de ses réalités sociales avec Born in Luanda (2010).

Elle réalise ensuite deux courts métrages de fiction, un film d’été et un film d’hiver, dans le village de sa mère à Tras-os-Montes : Sol branco (2014) puis Campo de Víboras, sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes en 2016. Son dernier court métrage, Invisível herói a été multi-sélectionné et multi-primé, notamment au Festival Européen du Film Court de Brest où elle a reçu le Prix des Passeurs de Courts organisé par Cinéphare. Cristèle Alvas Meira prépare présentement son premier long métrage intitulé Bruxa.

SOLEIL BLANC (SOL BRANCO)
France, Portugal – 2014 – 21 min

Prix et sélections : Prix du meilleur court métrage, Festival International du Films de Femmes de Créteil / Prix du meilleur film, Festival Inquietudo de Vienne 2016 (Autriche)

Selena, huit ans, se réveille d’un rêve étrange. Elle fouille dans une malle en bois et retrouve son déguisement de Blanche-Neige. Elle s’ennuie à mourir avec sa cousine dans leur maison de vacances du Portugal. Alors que leur grande cousine bronze dans le jardin, elles font le mur et volent un âne pour aller se baigner au barrage. Lorsqu’elles s’arrêtent dans un cimetière en chemin, Selena aperçoit la silhouette d’une vieille dame en noir, comme dans son rêve. Elle prend peur et s’enfuit alors, seule dans la forêt.

CHAMP DE VIPÈRES (CAMPO DE VÍBORAS)
France, Portugal – 2016 – 19 min

Prix et sélections : Semaine de la Critique, Festival de Cannes 2016 / Prix du Jury Meilleur Jeune Talent, Festival International IndieLisboa 2016 / Prix du Jury, Festival International du Film Indépendant de Coisa de Cinema de Salvador (Brésil) / Prix du meilleur film, Festival de cinema de Santa Maria da Feira 2016 (Portugal)

Dans un village au nord-est du Portugal, un drame inexplicable a lieu. Une vieille dame est retrouvée morte dans son jardin infesté de vipères pendant que sa fille de quarante ans, Lurdes, a fugué sans rien dire à personne. Le mystère et le qu’en-dira-t-on planent sur la tragique destinée de cette maison.

« Née en France de parents immigrés portugais, je retourne chaque année dans le village de ma mère à Tras-OsMontes. C’est là-bas que je puise mes inspirations (sujets, dialogues, décors, acteurs, récits). Ses paysages, ses reliefs, ses habitants sont autant de lieux et d’histoires faits pour le cinéma. Signifiant littéralement «au-delà des montagnes », la région est isolée par sa situation géographique et climatique. Dans mon premier court métrage, Sol branco je m’intéresse à la période estivale, lorsque les Portugais de France reviennent massivement dans leur village, et que leur population ainsi décuple. Dans Champ de Vipères, c’est avant tout sur ceux qui restent au pays (de moins en moins nombreux), les locaux qui vivent là l’hiver, que je pose mon regard. Directement inspiré par la vie d’une de mes tantes portugaises et par cette immense villa située au cœur de mon village qui s’appelle réellement Champ de Vipères (Campo de Viboras en portugais) - nom des plus intriguants sur lequel plane plusieurs légendes incroyables - j’ai imaginé un fait divers étrange (presque fantastique) qui deviendra bientôt une légende urbaine. Un drame social ancré dans le monde d’aujourd’hui mais emprunt de croyances archaïques (s’approchant alors des codes du conte, mais ici détournés). »

L'INVISIBLE HÉROS (INVISÍVEL HERÓI)
France, Portugal – 2019

Prix et sélections : Prix des Passeurs de courts et Mention Spéciale du Jury au Festival du Film Court de Brest / Semaine de la critique, Cannes 2019 / Prix du jury œcuménique, Festival du Film Court de Clermont-Ferrand / Prix du Meilleur Court Métrage Européen, Festival Silhouette 2019 / – Prix du Public et Grand Prix du Jury, Oldenburg International Film Festival 2019 (Allemagne) / Mention spéciale Meilleur Court Métrage, Festival International de Contis / Prix du Meilleur Court Métrage, Mediterranean Short Film Festival of Tangier (Maroc)

Duarte, la cinquantaine, non-voyant, se lance à la recherche de son ami capverdien, Leandro. Malgré la chaleur de l’été lisboète, Duarte arpente les rues de son quartier, mais personne ne semble avoir vu ni même connu ce dernier. Son enquête va l’emmener au cœur de la nuit, jusqu’à révéler son secret.

« D’abord, il y a ma rencontre avec Duarte Pina au printemps dernier, alors que je mène un casting sauvage au Portugal auprès de personnes non-voyantes pour un rôle dans mon premier long-métrage, actuellement en développement. Le coup de cœur est immédiat, nous avons tous les deux envie de vivre la folle expérience du cinéma ensemble. Je l’invite à venir à Paris pour le tournage de deux scènes dans le cadre d’emergence. L’occasion pour Duarte de faire ses premiers pas devant une caméra et surtout pour nous, de faire plus amplement connaissance. L’écriture de mon long-métrage se prolonge. En attendant, mon désir de faire un film devient pressant. C’est avec cette nécessité et cette urgence de revenir sur le terrain que nait l’idée d’écrire un film pour Duarte. Un portrait documentaire construit autour de son goût pour la littérature, sa fantaisie et conçu à partir d’une situation qu’il m’a confiée. Alors que je lui demande : - « Pourquoi passes-tu autant de temps à la bibliothèque ? » Il me répond : - « C’est là que sont tous mes amis. Parfois, je leur parle. » Ce que Duarte me présentait comme un trait d’esprit, je le prends à la lettre et m’en inspire pour tirer le fil rouge de cette histoire. Car une des conditions de Duarte pour faire ce film était qu’il devienne une fiction : « les biographies, c’est beaucoup trop ennuyeux ». Le film oscille donc entre réalité et fiction, avec une mise en place très documentaire dans sa résidence pour aveugles, au milieu de ses livres avec sa voix off. Puis, sur la plage et à Lisbonne, le film se laisse prendre par la fiction (tout en gardant un cadre documentaire). »

LES RENCONTRES AVEC CRISTELE ALVES MEIRA

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