Information du : 30/01/2026

Formation répertoire Sidney Lumet

Afin de préparer le cycle répertoire consacré au grand Sidney Lumet qui démarrera dans les salles du réseau début mai, nous proposons une journée de formation à destination des animateurs des salles en compagnie d'Erwan Cadoret. Nous plongerons ensemble dans l'oeuvre de ce monument du cinéma américain, touche à tout de génie qui en s'illustrant dans tous les genres est parvenu à développer son style et ses thématiques à l'ombre des grands studios.

Né en 1924, Sidney Lumet grandit dans un Manhattan frappé de plein fouet par la Grande Dépression. Il débute dès l'âge de quatre ans comme acteur à la radio puis au théâtre pour aider financièrement ses parents, acteurs et auteurs sans-le-sou. A vingt trois ans, il fonde un atelier d'acteurs à Broadway puis, grâce à son ami Yul Brynner, rentre à la télévision en 1950. Il démarre en même temps que Robert Mulligan et Arthur Penn comme assistant réalisateur puis réalisateur, faisant ses armes sur les séries Danger et You are There. Il réalise à tour de bras des tournages en direct (il en fera près de 400 durant sa carrière), devenant à partir de 1953 l'un des réalisateurs les plus réputés de la TV. Il réalise son premier long métrage de cinéma, Douze hommes en colère, en 1957.

Lorsque Lumet passe au grand écran, son passé télévisuel lui vaudra longtemps d'être considéré comme un cinéaste mineur, au mieux un « bon artisan ». On pointera également du doigt sa mise en scène jugée souvent très « théâtrale », statique. Sidney Lumet n'est pas quelqu'un pour qui le style compte, il préfère penser sa mise en scène en fonction du film, du sujet, quitte à s'effacer très souvent devant des acteurs pour qui il a une évidente passion. En outre Lumet, en conservant le rythme stakhanoviste qui était le sien à la télévision (il réalise à peu près un film par an pendant les trois décennies courant de 1960 à 1990), propose une filmographie faite de hauts (Le Prince de New York, Un après-midi de chien, Le Groupe, Serpico, The Offence, Network...) mais aussi de bas (L'Avocat du diable, un remake inutile de Gloria...), ce qui a contribué à renforcer l'idée qu'il n'était qu'un bon exécutant. C'est que Lumet est, comme John Ford, un cinéaste qui a besoin de tourner tout le temps pour apprendre, qui a besoin de l'énergie du tournage pour avancer.

Le fait de tourner beaucoup, de ne pas s'appuyer pas sur un style immédiatement identifiable, de passer d'un genre à un autre et de signer quelques films vraiment mineurs (voir de flagrants ratages comme The Wiz) l'a donc longtemps empêché d'acquérir un véritable statut d'auteur. On peut pourtant sans peine, de son premier long métrage à son dernier (7h58 ce samedi-là en 2007), dégager d'évidentes lignes thématiques, identifier sa mise en scène à la fois discrète et marquée par de constantes expériences formelles et narratives, et surtout noter un regard cohérent et durable sur le monde et la société.

En cinquante ans de carrière, Sidney Lumet, et ce même s'il n'a jamais été considéré par la critique à sa juste valeur, aura su s'imposer comme un passionnant analyste des institutions américaines (il a filmé la police, la justice - aussi bien du point de vue de l'accusation que de la défense, du juré que du prévenu - la télévision, le monde de la communication, la politique, la santé...), comme l'un des plus grands portraitistes de New York, comme un cinéaste farouchement indépendant (il aura fait toute sa carrière loin d'Hollywood, à New York ou régulièrement en Angleterre), un cinéaste qui toujours a en ligne de mire la question de l'humain.

FORMATION SIDNEY LUMET
JEUDI 5 MARS
LORIENT
9h00-17h00

10 Rue Colbert
56100 Lorient
Une salle gérée par l'association J'ai vu un doc

A 19h30 au Manège : projection de Daniel en séance publique avec Erwan Cadoret

L'INTERVENANT :
ERWAN CADORET

Erwan Cadoret a suivi des études d'Histoire de l'art puis de cinéma au sein des universités de Rennes II et de Paris III-Sorbonne Nouvelle. Il a consacré un mémoire de maîtrise au réalisateur hong kongais Tsui Hark puis un mémoire de D.E.A au metteur en scène japonais Takeshi Kitano avant de soutenir en 2011 une thèse de doctorat portant sur le cinéma de l'américain Terry Gilliam. Après plusieurs années d'enseignement du cinéma à l'université puis dans le secondaire, il donne aujourd'hui des cours dans plusieurs écoles supérieures privées rennaises (E.S.R.A Bretagne, Studio M., Ecole de Condé, A.G.R.) ainsi qu'à l'université Rennes II. Il intervient également en indépendant auprès de plusieurs associations culturelles, situées pour la plupart dans le Grand Ouest.

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